Dépôt de bilan deux mille quinze

2 janvier 2016 § Poster un commentaire

Ce moment de tension entre le geste accompli et sa nécessaire procrastination.

Ce moment, entre ce que j’ai vécu, entendu, pleuré, haï, caressé, brûlé et ce qu’il m’en reste sur une feuille.

Ce moment, constitué par cette masse informe de textes sans queue ni tête.

Ce moment se porte comme un paquet de vêtement usés.

Ce moment, le plus utile de tous, pourtant le plus méprisé.

Ce moment qui ne subsistera jamais, qui sera éternellement dans l’ombre de l’oeuvre.

Ce fantôme de l’oeuvre, cette femme effacée, ces idées éparses qui attendent un but.

Cette promenade entre deux points, entre,

celui du départ,

et celui de l’arrivée.

Ce moment est aussi bien un trajet.

Cet enfant éternel qui attend le résultat d’une audition.

Cette ligne sans cesse brisée par le manque d’inspiration.

Cette crampe qui accuse le manque de rythme dans la marche.

J’attends entre deux villes, route de campagne devenue coton sous l’action de la brume.

Contours adoucis des plaines et des arbres, fumigènes naturels pour tripe en plein jour.

Ce moment, flou entre deux autres, durs, brutaux ou extravagants.

Je voudrais sans cesse entrer dans la vie,

flotter sans jamais parvenir

à l’impact.

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(Une larme de Maurice Mikkers)

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